Superposition de site

généralités

J’ai régulièrement questionné l’existence que je voulais/pouvais vivre. Qui je suis, qui je peux être, finalement, et ce que je fais, avec qui, comment. Ce que j’accepte, ce que je n’accepte pas, mes responsabilités, mes libertés, etc. Mes restrictions, mes générosités.
Pas si facile avec tout ça de se présenter, simplement, efficacement. Se faire un site, par exemple, sacré truc si t’y penses, une vitrine, t’imagines.
Alors cette page, généralités, dans ce nouveau site de cinquantenaire, pour décrire mon parcours, petites touches de vécu qui peu à peu me constituent et font expérience, connaissance, peut-être à partager avec le monde.

Dans les spectacles de théâtre il y a trop ou pas assez de texte.
Je veux sûrement dire par là que le théâtre ne bouge pas autant que la danse, et parle moins que le roman – quelque chose comme ça. J’ai 25 ans environ quand me vient cette sensation, je suis comédien, à Grenoble.
Avis péremptoire, orgueilleux sûrement. (Trouver son style…) Avis qui va orienter, finalement, mon parcours…

Un peu plus tard à Lyon, ma compagne d’alors sort d’un week-end d’atelier d’écriture et je m’emballe : je lui pique des exercices, et je plonge, comme si c’était mon terrain de jeu à moi – juste à moi.
Je me mets à écrire, des romans, des nouvelles. Leur trouver un éditeur est difficile.
Ensuite je passe par Barcelone, 2 ans, pour écouter mon français depuis l’étranger. (Aller voir ailleurs qui je suis.) J’ai 30 ans. J’écume les concours de nouvelles. L’un d’entre eux, cette année-là, ne porte pas sur la nouvelle mais sur de la poésie. Le thème c’est « saveur ».  Vas-y, écris donc de la poésie, puisque ce thème t’inspire, tu verras bien. (Je me souviens de cette voix de doute, en moi, comme si je n’avais pas la légitimité pour écrire de la poésie.) (Aussi de la voix qui osa.) Je touche le premier prix avec cette trilogie sur la saveur du désir physique : Et l’espèce se perpétue.
Je rentre en France (me rapprocher du français), travaille dans des bibliothèques de Montpellier, et j’écris toujours. Comme un forcené, je dois bien le dire. Fallait-il être forcené pour écrire. Dans ces années j’écris aussi 2 scénarios, dont l’un passera en image. J’obtiens une bourse de la Région pour écrire Au monde, recueil de poèmes. Certains  seront publiés en revue.
Un peu après se mêlent l’expérience passée de comédien et celle, récente, d’écriture : je deviens comédien-lecteur. Beaucoup en scène, un peu en studio. Je fais alors régulièrement partager à des stagiaires cette expérience spécifique de comédien qui lit.

A partir de 2006 je mène une compagnie, Cause Toujours, qui tourne des spectacles de texte et musique. (Nous cherchons longtemps un concept pour décrire ces spectacles mêlant intimement l’écrit et la musique, puis en restons à cette appellation : « texte et musique ».)
Il y a quelques petites années je décroche : la diffusion est un travail exténuant (la communication, l’administration, la nature du travail qu’il faut faire pour être visible). Dans ces moments-là j’ai envie de passer mon poing à travers l’écran de l’ordinateur. Je me retiens et préfère m’éloigner du bureau.
Je découvre alors, invité par la mère d’un copain de classe de mon fils, le travail de maraîcher. Je passe des journées dehors, à travailler avec mon corps. Je me soigne, peut-être, par le physique et l’extérieur – merci pour cette invitation.
Je pense à l’écriture, au spectacle, je regarde mon parcours. Le monde aussi, ce que je peux en voir. Et les plantes, qui poussent (ou qui ne poussent pas).
J’ai aujourd’hui (incroyablement) passé les 50 ans, je finalise un roman qui s’appellera peut-être Chercher du courage entre les jambes des filles (un sens à sa vie), et je cultive mon jardin (potager et mental). Je poursuis mon cheminement artistique et mes réflexions sur les choix de vie.
A l’automne 2022, cette fois invité par Marie, ma compagne, je retrouve la scène : le texte, plus théâtral que ces dernières années, au micro : il s’agit de dialogues écrits juste avant de plonger dans le roman, à l’origine destinés à la radio, que nous avons eu envie de passer en scène et en musique : Luis & Eglantine – dialogues au téléphone. Sacré plaisir, le micro, la scène…